On va finir par y laisser des plumes

Nous traversons une période vraiment particulière. Bridés et muselés de toute part, nous cherchons tous un peu d’oxygène dans ce périmètre limité, chose qui est très frustrante. On s’imagine très vite que l’on a fait le tour du sujet mais la nature est pleine de ressources; Pour le photographe, il suffit alors de changer ses habitudes, ses heures, sa technique de chasse et il y a toujours de sacrées et belles surprises. On découvre que certains animaux sont exubérants, d’autres craintifs, discrets parfois même fantomatiques, mais voilà ce qui prime dans cette passion, c’est l’imprévu. Cet article, va encore faire la part belle aux oiseaux, peut -être un peu par défaut, je le concède, mais parfois se satisfaire de peu aujourd’hui, permet ensuite de se délecter des grands moments du lendemain.

L’aigrette garzette, un as de la pêche.

Même si ce n’est pas forcément ma tasse de thé, lorqu’ on se poste, tel un prédateur en attente de quelques cibles potentielles, il est vrai que l’on a le temps d’observer les animaux sous toutes leurs facettes. Cela a été le cas pour cette aigrette Garzette; quel formidable pêcheur ! En fait, elle longe les berges est de temps à autre, elle fait trembler une patte dans la vase pour faire sortir quelques bestioles. Le coup de bec, ne tarde pas venir et pour l’avoir observée scrupuleusement, chaque coup est gagnant; grenouilles, têtards, poissons, écrevisses, comme on dit « tout fait ventre ». Je ne sais pas la fréquence des repas mais ils sont copieux et dignes des grandes tables! Comment la reconnaitre ? plumage blanc, huppe blanche, bec noir pattes noires et doigts de pieds jaune-orangé. Elle se tient sur les berges, pattes dans l’eau mais ne se baigne pas intégralement. Frileuse ?

Une aigrette garzette, elle a la pêche en elle !

La corneille, difficile à mettre en boite.

Certains vont probablement dire « pourquoi il a photographié un corbeau, ça n’a rien de rare, il y en a partout ? » Tout d’abord il faut préciser que chez nous, ce que nous appelons corbeau est en fait une corneille, je le sais depuis peu mais j’ai retenu la leçon. Particularité de cet oiseau, sa malice et surtout une méfiance extrême vis a vis de l’homme, peut-être à juste raison. Résultat, je n’arrivais pas à faire une photo correcte pour la mettre sur le blog. Outre les raisons invoquées, c’est un oiseau, comme je dis à « l’œil noir » donc très peu expressif. Il faut donc, lors de la prise de vue bénéficier d’une surexposition au soleil afin de voir à minima, l’expression de son regard. Déjà que la nature ne l’a pas gâté en variété de couleurs, si l’œil ne pétille pas, bonjour la tristesse de la photo. Celle qui suit n’est pas d’une qualité extraordinaire, mais vu la difficulté je vais dire modestement que je vais m’en contenter.

Une corneille, toujours sur le quivive

Le foulque macroule ne se prendrait-il pas pour jésus ?

Il colonise les lacs et gravières de notre région et est souvent qualifié à tort de « poule d’eau ». Comment le reconnaitre ?Bec blanc se prolongeant par un tubercule, il ne vole quasiment pas et prend la fuite en marchant sur l’eau, grâce à des pattes  courtes, verdâtres avec de grands doigts lobés bleuâtres à la morphologie bien particulière. En ce moment c’est la pleine saison des amours; j’ai fait quelques photos des ébats amoureux de cette espèce mais comme les préliminaires et l’accouplement sont assez violents je me suis abstenu de publier ces clichés car les scènes s’apparentent plus à un féminicide qu’à des scènes d’amour et de tendresse🔞. Je ne veux en aucun cas me heurter à des mouvements féministes. Au risque de décevoir certains d’entre vous, sur la photo ci dessous vous vous contenterez d’apprécier la morphologie des doigts de cet oiseau.

Un foulque Macroule perturbé par une trépidentante vie amoureuse

Famille nombreuse, la vie en XXL.

Parfois à force de faire des « gouzigouzi » arrive ce qui devait arriver avec des naissances multiples version XXL. Cette canne colvert était accompagnée de 9 cannetons, véritables pompons de plumes flottants. Habituellement très bruyante et expressive par ses cris, lorsqu’elle est en position « assistante maternelle », la canne fait preuve de beaucoup de discrétion afin d’éviter d’attirer l’attention des prédateurs.

Une canne colvert et sa progéniture

Martin pêcheur, enfin je l’ai eu !

S’il est un oiseau qui est convoité par les amateurs de photos c’est bien lui. L’apercevoir, je devrais dire l’entrapercevoir, c’est assez fréquent mais le photographier, hormis pour les pros qui font de l’affut, ça relève du miracle. Oiseau d’assez petite taille, très « lumineux » (ventre orangé, gorge blanche et dos bleu-turquoise moucheté) et d’une beauté rare, le martin pêcheur est un véritable feu follet, il n’arrête pas de bouger. Vous pouvez bien sûr le surprendre lorsqu’il pêche mais là, cette chance n’est réservée qu’aux professionnels. Personnellement, même si la photo que j’ai prise n’est pas exceptionnelle, j’étais très satisfait de l’avoir faite surtout  en cette période ou les oiseaux nichent et ne sont pas aussi actifs que quand ils doivent nourrir leur progéniture. Je ferai peut-être mieux la prochaine fois, mais comme je le disais plus haut, parfois il faut savoir savourer l’instant présent et s’en satisfaire.

Le très convoité martin pêcheur.

J’espère que dans mon prochain article, je pourrai vous faire profiter de quelques clichés « post confinement » sur un périmètre  un peu plus adapté à mon instinct « sauvage ».

Je tiens à vous remercier encore une fois de votre fidélité et surtout des retours que vous me faites suite à ces petites parutions sur le blog. Continuez dans cette voie, c’est un véritable stimulant, pour mon appareil photo, mon moral  et surtout pour ma modeste plume.

A très bientôt.

Gérard

2 réflexions sur “On va finir par y laisser des plumes

  1. Coucou ! Je viens de découvrir ta nouvelle parution ! Elle dresse un large sourire sur nos lèvres comme toujours. Surtout avec cette magnifique photo avec la canne colvert et ses petits ! « Trop choupinou ! »
    Ensuite, j’ai vraiment bien aimé la photo du martin pêcheur ! Effectivement, il n’est pas facile à observer en liberté mais, cette photo est vraiment une belle occasion pour l’admirer éternellement posé sur sa branche. Merci ! ^^
    J’aimerais terminé sur une phrase que tu as écrite : « Il faut savoir savourer l’instant présent et s’en satisfaire ». A mon avis, tu donnes à travers cette phrase la recette pour tendre vers un bonheur durable.
    😉

    Merci à toi pour toutes ces belles photos,
    Très bonne journée à tous les deux,
    Bisous

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    • Coucou Anaïs. je suis ravi que le dernier article t’ait plu. Pour moi c’est loin d’être la meilleure parution mais en ces temps difficiles, comme on dit, il faut se le gagner.
      Merci pour ton commentaire ça me fait toujours plaisir.
      Bise
      Gérard

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